À la une de mardi, 22. novembre 2011

La violence menace la démocratie en Egypte

Lors des protestations en Egypte, plus de 1.700 personnes ont été blessées depuis samedi.(©AP)

 

Le gouvernement de transition égyptien a proposé sa démission lundi soir. Il a ainsi réagi aux protestations sanglantes qui ont fait plus de 30 morts. Seules les prochaines élections pourront aider le pays, estiment les commentateurs, car les excès de violence menacent selon eux la réussite de la révolution égyptienne.


Der Standard - AutricheLa fin du rêve commun

Les différents groupes composant la société égyptienne ne se font plus confiance, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : "Que le début des premières élections libres soit terni par un bain de sang sur la place Tahrir est une véritable tragédie. Au premier plan s'affrontent l'armée d'un côté, et le reste du pays de l'autre. En réalité, même ceux qui veulent une nouvelle Egypte ne parviennent pas à s'entendre sur ce à quoi celle-ci doit ressembler. La confiance de base entre les groupes composant la société égyptienne a disparu. Une fois encore, ce sont l'indignation et la colère que suscite la brutalité dont font preuve 'ceux d'en haut' - Moubarak autrefois, le Conseil militaire suprême aujourd'hui - contre les manifestants qui soudent le pays. Le réveil est difficile pour ceux qui voulaient continuer à rêver d'une armée patriotique égyptienne qui avait accomplile 11 février la révolution des jeunes et des mécontents - même si les signes laissaient déjàprésager autre chose depuis longtemps." (22.11.2011)


Libération - FranceSeule la démocratie peut sauver l'Egypte

Après les protestations sanglantes survenues sur la place Tahrir au Caire, le quotidien de centre-gauche Libération appelle à ce qu'un gouvernement élu démocratiquement soit instauré aussi vite que possible en Egypte : "L'histoire n'a pas encore choisi son camp. Les uns, aux arrière-pensées peu avouables, veulent repousser cette première démocratique, les autres s'y accrochent pour qu'enfin l'armée cède le pouvoir aux civils, partage sa puissance économique et amorce un retour dans ses casernes. Il faut souhaiter qu'une mécanique démocratique, même imparfaite, se mette en place au plus vite : elle seule, par le jeu contradictoire du pluralisme, peut débloquer la situation, faire émerger de nouvelles forces, et ainsi conjurer les menaces extrêmes qui pèsent sur le destin du plus grand des pays arabes." (22.11.2011)


Neue Zürcher Zeitung - SuisseLes Frères musulmans tirent les ficelles

Les manifestations qui durent depuis trois jours en Egypte révèlent l'ampleur de l'influence des Frères musulmans islamistes, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "Le fait que ce week-end, rien qu'au Caire, plus de 100.000 personnes soient descendues dans les rues témoigne de l'impopularité croissante de l'armée. Mais c'est dû avant tout à l'importante force de mobilisation des Frères musulmans et de certains partis issus de ce mouvement. Selon toute vraisemblance, les islamistes contrôlés jusqu'à maintenant par l'Etat vont remporter les élections. Il est toutefois difficile de dire si leur alliance inhabituelle avec la gauche et les laïcs perdurera après une victoire électorale. Ce qui est sûr, c'est que la révolution égyptienne n'aura vraiment mérité ce nom que si la chute de Moubarak marque l'avènement d'un nouvel ordre politique légitimé par les urnes." (22.11.2011)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 22. novembre 2011